Par
Louis Turbide
ÉDITORIAL
Enfin, un ministre qui met ses culottes!
Depuis des années voire des décennies, les chasseurs du Québec dénoncent et se sentent impuissants face aux abattages de façon très discutable d’orignaux par certains membres de communautés autochtones. Et par-dessus tout, ce qui frustre les chasseurs c’est que jusqu’à tout récemment les agents de protection de la faune avouaient qu’ils n’avaient aucunement l’autorisation d’intervenir lors d’incidents du genre impliquant des autochtones. D’entrée de jeu, je veux préciser que je ne remets aucunement en question les droits ancestraux de ces derniers si bien entendu l’activité de prélèvement respecte leurs droits et surtout les responsabilités qui viennent avec. Malheureusement faute de balises claires, une minorité d’autochtones se croient tout permis et étirent l’élastique au maximum ce qui fait mal paraître leur communauté dans plusieurs régions du Québec en plus de causer un dommage important aux populations d’orignaux.
Mais le 10 septembre dernier, Bernard Drainville est devenu ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs et tout a changé du jour au lendemain. D’une consigne officieuse de fermer les yeux et de ne pas intervenir devant des plaintes de braconnage impliquant des autochtones, les agents de protection de la faune ont reçu la consigne claire du ministre d’intervenir. Chapeau pour votre courage monsieur le ministre et surtout merci d’entamer un processus qui aurait dû se faire il y a bien longtemps et ce pour tous. Car comme les braconniers allochtones qui doivent être dénoncés et traduits en justice, il en est de même pour certains membres de communautés autochtones qui se croient tout permis. La loi du Farwest n’a pas sa place au Québec de nos jours!
Enfin une première intervention en lien avec la réserve faunique de Matane
La première intervention a eu lieu à Matane le 10 octobre dernier lors d’une saisie d’orignaux abattus de façon irrégulière dans la réserve de Matane. Très médiatisé au cours des deux dernières années, le Journal de Montréal avait rapporté que des autochtones de la région de Montréal abattaient de nuit des orignaux dans la réserve de Matane et que la viande de certains animaux étaient même revendues dans un centre de débitage de leur communauté. Cela aurait eu un effet dissuasif sur les abattages de nuit dans la réserve pour le reste de la saison mais une information anonyme reçue dernièrement relatant un orignal abattu dans le parc de la Gaspésie laisse supposer que le problème s’est peut-être seulement déplacer. Le travail des agents ne fait que commencer.
Avancement important dans l’enquête sur l’abattage d’un orignal à partir d’un véhicule en Gaspésie vraisemblablement par un membre d’une communauté autochtone
Depuis le signalement à SOS Braconnage le 28 octobre dernier, les agents de protection de la faune ont aussi travaillé activement pour faire avancer l’enquête concernant l’abattage d’un jeune orignal à partir d’un véhicule en Gaspésie. Cette enquête est directement en lien avec la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux par votre magazine 100% CHASSE PÊCHE qui a outré des centaines de milliers de citoyens du Québec. Même le ministre Drainville avait décidé d’agir immédiatement après en avoir pris connaissance.
Le ministre de l’Environnement, de la lutte aux changements climatiques, de la faune et des parcs (MELCCFP), Bernard Drainville.
Le 2 décembre marquait une étape importante. La Protection de la faune du Québec a procédé à des perquisitions, à la saisie de plus de 90 kilogrammes de viande de gibier et à des interrogatoires qui ont permis de faire avancer l’enquête de manière significative.
Les actions requises par l’enquête se poursuivent pour établir les chefs d’infraction et déposer les chefs d’accusation au Bureau des infractions et amendes (BIA). Actuellement, cinq à dix chefs d’accusation sont envisagés.
Certes c’est un dossier très complexe qui finira assurément devant les tribunaux car il y a beaucoup de zones grises au niveau des droits ancestraux des autochtones en matière de chasse.
Par exemple, la chasse de nuit a été reconnue par la cour suprême du Canada pour une communauté autochtone précise en Colombie-Britanique mais les autres communautés au Canada doivent démontrer qu’il s’agissait d’une pratique ancestrale et qu’ils utilisaient par exemple des torches pour chasser l’orignal de nuit. Est-ce que toutes les communautés autochtones du Québec ont fait cette démonstration? De plus, en tout temps la chasse de nuit doit être pratiquée de façon sécuritaire! Encore là est-ce que cela permet d’avoir une arme à feu chargée dans un véhicule et faire feu sur un animal alors que le véhicule est en route? Enfin, est-ce que les droits ancestraux d’une communauté autochtone leur donnent le droit de chasse sur le territoire ancestral d’une autre communauté autochtone comme c’est le cas avec les mohawks qui appliquent leurs droits ancestraux en chassant en Gaspésie alors que ce n’est pas leur territoire ancestral? Comme vous le voyez, bien des éléments mériteraient d’être éclaircis pour établir des balises claires. Plusieurs vont me trouver naïf mais la plus belle chose qui pourrait survenir serait que toutes les communautés autochtones du Québec renoncent à ce droit de chasse de nuit qui ternit tellement leur image de grand protecteur et amoureux de la faune. Ce qu’il faut que les communautés autochtones comprennent c’est qu’en 2025, la chasse de nuit pratiquée en respectant toutes les règles ou pas ne passent plus dans l’opinion publique.
Alors qu’un nouveau plan de gestion de l’orignal est sur le point d’être appliqué et que les chasseurs du Québec devront faire des sacrifices pour permettre au cheptel de reprendre du poil de la bête dans plusieurs régions, il est doublement important de mettre des balises claires au niveau de la chasse autochtones de l’orignal. Tout comme les actes de braconnage perpétrés par des allochtones doivent être dénoncés et traduits devant les tribunaux, il en est de même pour ceux faits par les autochtones qui outrepassent leurs droits.
De plus en 2025, je ne comprends pas qu’il soit impossible d’avoir un portrait clair des récoltes d’orignaux effectuées par les autochtones et ce dans toutes les régions du Québec. La santé du cheptel d’orignaux au Québec devrait avoir préséance sur tout droit à mon humble avis. Plusieurs chasseurs critiquent ouvertement le ministère quant à sa gestion de l’orignal mais entre vous et moi comment voulez-vous que les responsables mettent en place un plan de gestion efficace alors qu’ils n’ont pas un portait clair de toutes les récoltes d’orignaux par région. C’est un non-sens!



